Enseignement intensif « Quand le mouvement du corps génère la surface » – ENSA Paris Malaquais. Février 2013.

Sous la direction scientifique de Christian Girard, en collaboration avec Minh Man Nguyen, Ingénieur-Architecte DPLG

L’espace nous impose une panoplie de mouvements inconscients et d’habitudes gestuelles. Ce vocabulaire corporel fabrique une sorte de code spatial et social intégré en filigrane, ce qui permet à l’être humain de se positionner dans un environnement donné et lui permet de développer un langage corporel adapté. L’évocation d’un code spatial corporel invite à prendre comme hypothèse que les notions d’espace et de corps sont reliées par une discipline commune: celle de la danse, comme pratique et exploration entière et formelle de l’espace.

La danse n’est-elle pas une discipline qui fait de nos déplacements un acte mesuré et conscient? La danse permet de communiquer avec l’espace et de comprendre comment les corps nous entourent. Elle intervient pour canaliser l’énergie du geste et pour faire du mouvement un acte réfléchi, rationnel et sensible. Elle exacerbe la conscience de l’espace corporel et permet un oubli total des codes gestuels sociaux en faisant du corps un outil de référence pour mesurer l’espace et le sentir.

Notre hypothèse consiste à dire que la danse se situe au point de rencontre entre l’architecture et le corps, à travers une exploration de l’espace par le mouvement conscient et construit.

La pratique de l’architecture se développe en rapport aux outils que nous utilisons et que nous nous approprions. Ainsi la place du numérique dans notre monde s’épaissit pour améliorer notre quotidien. Il est nécessaire de réfléchir à son utilisation et ses applications.

La conception par processus consiste en une succession de méthodes, le « design » ne se situe plus au niveau d’un résultat figé mais dans la modélisation d’actions successives nourries par des paramètres prédéterminés. Il en résulte une infinité de résultats qui varient au gré des données d’entrée. La conception par geste peut alors trouver un autre sens grâce à ces outils qui désormais sont présents dans tous les domaines d’activités humaines.

L’intensif cherche, à l’aide d’un protocole expérimental, la combinaison entre une opération gestuelle humaine et une opération modélisée à l’aide de l’outil numérique. Les étudiant(e)s exploreront les opportunités de combinaisons et d’interaction des deux opérations.

Par une approche scientifique et inventive, l’enjeu est de développer une chorégraphie pour ensuite questionner la géométrie du geste au travers de l’outil numérique et l’influence de celui-ci sur le travail de projet.

Cet exercice est basé sur différent supports :

  • Le capteur de mouvement Kinect développé par Microsoft
  • L’environnement SDK de la Kinect
  • Le logiciel de modélisation Rhino 5.0
  • Le plugins Grasshopper + Firefly

Travaux réalisés:

  • capture d’écran  des vidéos réalisés par les groupes d’étudiants
  • image réalisée à partir du capteur de mouvement Kinect et Grasshopper.

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Les étudiant(e)s ont développé une approche concrète et technique de la réflexion. Il s’agissait de construire une symbiose entre les logiciels informatiques et le mouvement dansé. L’objectif était de construire une réflexion autour de l’expression du corps en élaborant un phrasé chorégraphique. A partir des outils numériques, les étudiant(e)s ont montré que le corps peut générer un volume spatial spécifique. Ils ont du se familiariser avec les modalités de programmation de base en modélisation paramétrique et en géométrie appliquée aux techniques.

Enfin, les étudiant(e)s ont eu l’occasion d’expérimenter l’influence d’une forme sur le mouvement chorégraphié. Ce va-et-vient dans la perception de la forme et du geste a construit un dialogue réel et concret entre l’outil numérique et le corps qu’ils ont du documenter sous forme d’une vidéo et d’une présentation.